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Agatha Christie était-elle dyslexique ? Portrait d’une génie de la littérature

Agatha Christie était-elle dyslexique ? Portrait d’une génie de la littérature policière

Agatha Christie est l’auteure de romans policiers la plus vendue de tous les temps avec plus de deux milliards d’exemplaires écoulés dans le monde. Peu de gens savent qu’elle a lutté toute sa vie avec des difficultés de lecture et d’écriture qui correspondent aujourd’hui aux critères de la dyslexie. Son parcours exceptionnel est l’une des preuves les plus éloquentes que les troubles DYS n’interdisent aucune ambition.

Une enfance marquée par des difficultés inexpliquées

Agatha Christie est née en 1890 à Torquay en Angleterre dans une famille aisée. Dans ses mémoires qu’elle a rédigées peu avant sa mort elle décrit avec une franchise étonnante ses difficultés de lecture et d’écriture dans l’enfance. Elle ne savait pas lire à l’âge où ses camarades lisaient déjà couramment. Son orthographe était catastrophique et le resta toute sa vie malgré des efforts importants. Et sa mère, intuitive et bienveillante, avait refusé de l’envoyer à l’école avant l’âge de huit ans en estimant que l’apprentissage précoce formel était contre-nature, décision qui s’est révélée protectrice pour l’estime de soi de l’enfant.

Une mémoire auditive et visuelle extraordinaire

Ce qui compensait les difficultés d’Agatha Christie avec l’écrit, et ce qui allait devenir le fondement de son génie littéraire, était une mémoire auditive et visuelle extraordinaire. Elle mémorisait parfaitement les conversations, les comportements, les petits détails de l’apparence et des manières des gens qu’elle observait. Cette capacité d’observation minutieuse que les personnes DYS développent souvent en compensant leurs difficultés avec l’écrit est directement à l’origine du style inimitable de ses romans policiers où le détail révélateur est roi.

La dictée plutôt que l’écriture : une compensation avant l’heure

Agatha Christie a très tôt trouvé sa stratégie compensatoire principale : dicter ses romans plutôt que les écrire. Elle dictait ses histoires à une secrétaire ou à un dictaphone, contournant ainsi ses difficultés avec la transcription écrite pour se concentrer sur l’essentiel : l’histoire, les personnages, les rebondissements. Cette méthode de travail qu’elle a utilisée tout au long de sa carrière prolixe est exactement ce que les ergothérapeutes et les orthophonistes recommandent aujourd’hui aux adultes dyslexiques : utiliser la dictée vocale pour compenser les difficultés de transcription.

Ce que son parcours enseigne aux familles DYS

Le parcours d’Agatha Christie illustre plusieurs leçons précieuses pour les familles d’enfants DYS. Les difficultés de lecture et d’écriture n’interdisent pas une carrière d’écrivain : c’est l’histoire elle-même qui compte, pas la transcription. Les stratégies compensatoires développées par nécessité peuvent devenir des atouts professionnels majeurs. La bienveillance de l’entourage familial face aux difficultés précoces protège l’estime de soi et permet à l’enfant de construire une identité positive indépendante de ses performances scolaires. Et les forces spécifiques des profils DYS, observation fine, mémoire visuelle et auditive, pensée créative, peuvent conduire à des réalisations extraordinaires dans les bons contextes. Pour des ressources sur les forces spécifiques des profils DYS, professionnelsdys.fr propose des guides pratiques.

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