DYS et écriture inclusive : une double peine pour les enfants dyslexiques ?
L’écriture inclusive avec ses points médians, ses formes contractées et ses accords alternatifs est au cœur d’un débat sociétal important. Mais pour les enfants dyslexiques et dysorthographiques cette question prend une dimension particulièrement concrète et pratique. Les spécialistes sont quasi unanimes : l’écriture inclusive complexifie significativement l’apprentissage pour les profils DYS.
Pourquoi l’écriture inclusive pose problème aux enfants DYS
La dyslexie est fondamentalement un trouble du décodage graphème-phonème, c’est-à-dire de la correspondance entre les lettres et les sons. L’écriture inclusive introduit de nouveaux signes graphiques comme le point médian qui n’ont pas de correspondance phonologique dans le français oral. Pour un cerveau dyslexique qui peine déjà à établir les correspondances graphème-phonème du français standard ces nouveaux signes constituent une charge cognitive supplémentaire qui s’ajoute à une charge déjà élevée. La règle typographique habituelle est ainsi rendue encore moins prévisible.
L’impact sur la dysorthographie
Pour les enfants dysorthographiques l’écriture inclusive crée des règles orthographiques supplémentaires à mémoriser dans un système déjà très complexe. Doit-on écrire directeur·rice ou directeur·trice ? Le point médian se place-t-il avant ou après le suffixe féminin ? Ces questions, qui peuvent sembler mineures pour un adulte lettré, représentent une charge cognitive réelle pour un enfant dont la mémoire des règles orthographiques est déjà déficitaire.
La position des professionnels spécialisés
L’Académie française a officiellement pris position contre l’écriture inclusive dans les textes destinés aux enfants en cours d’apprentissage. La Fédération Française des DYS a également exprimé des réserves importantes sur l’usage de l’écriture inclusive dans les supports pédagogiques destinés aux élèves DYS. Et la plupart des orthophonistes spécialisés en dyslexie recommandent d’éviter l’écriture inclusive dans les textes remis aux élèves DYS tant que leur décodage du français standard n’est pas solidement automatisé.
Une nuance importante : l’usage raisonné
La question n’est pas de prendre position dans le débat sociétal sur l’écriture inclusive mais de reconnaître que son usage pédagogique avec des enfants DYS doit être raisonné et adapté. Dans les textes remis à des élèves dyslexiques ou dysorthographiques en cours de rééducation la simplification maximale des conventions graphiques est la meilleure façon de respecter leurs besoins spécifiques. Cette simplification n’est pas un jugement de valeur sur l’écriture inclusive elle-même : c’est une adaptation pédagogique au service de l’élève. Pour des ressources sur les adaptations pédagogiques recommandées pour les élèves DYS, professionnelsdys.fr propose des guides pratiques.