Témoignage : AESH depuis 10 ans, ce que j’ai appris sur les enfants DYS en les accompagnant au quotidien
Sandrine est AESH depuis 10 ans dans le même collège. Elle a accompagné des dizaines d’élèves DYS et partage avec franchise et bienveillance ce que cette expérience lui a appris sur ces enfants, leurs familles et le système scolaire.
Pourquoi elle a choisi ce métier
J’ai choisi ce métier par hasard et je suis restée par passion. Au départ c’était un emploi alimentaire pendant ma reconversion professionnelle. Après quelques semaines j’ai compris que je faisais quelque chose d’important et que j’étais assez bonne dans ce travail pour avoir envie d’y rester. Dix ans plus tard je ne me vois pas faire autre chose. Les enfants DYS m’ont appris plus sur la diversité humaine et la résilience que n’importe quelle autre expérience de ma vie.
Ce qui l’a le plus surprise sur les enfants DYS
Ce qui m’a le plus surprise au début c’est l’écart entre ce que les enfants DYS comprennent et ce qu’ils peuvent produire à l’écrit. Un enfant qui paraît indifférent ou absent en classe peut soudainement formuler une réponse orale qui révèle une compréhension profonde du sujet. Cet écart est déroutant pour les enseignants qui ne voient que le résultat écrit. Et il est dévastateur pour l’estime de soi de l’enfant qui sait ce qu’il comprend mais ne peut pas le montrer. Ma mission la plus importante n’est pas de l’aider à copier le cours. C’est de faire le lien entre ce qu’il sait vraiment et ce que le système peut évaluer.
Ce qu’elle pense des familles
Les familles d’enfants DYS sont parmi les parents les plus investis et les plus épuisés que j’aie jamais rencontrés. Certains arrivent en réunion PAP avec des dossiers plus complets que ceux du médecin scolaire. D’autres arrivent perdus, dépassés, sans comprendre ce qu’on attend d’eux. Dans les deux cas je vois des gens qui aiment leur enfant et qui font de leur mieux avec les ressources dont ils disposent. Ce que je voudrais dire à tous ces parents c’est que leur investissement ne passe pas inaperçu. Pas pour moi. Et pas pour leur enfant même s’il ne le dit pas.
Ce qu’elle voudrait que le système change
Le recrutement et la formation des AESH sont insuffisants. Dix jours de formation initiale pour accompagner des enfants avec des besoins complexes c’est très peu. Beaucoup d’AESH, dont moi au départ, apprennent sur le tas en commettant des erreurs qui auraient pu être évitées avec une formation correcte. Et la précarité du statut d’AESH ne favorise pas la fidélisation des personnes compétentes. Pour des ressources sur les droits des élèves DYS et le rôle de l’AESH, professionnelsdys.fr propose des guides pratiques.