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Témoignage : grand-mère dyslexique, comment j’aide ma petite-fille avec son trouble

Témoignage : je suis grand-mère dyslexique et j’aide ma petite-fille avec son trouble

Martine a 67 ans. Diagnostiquée dyslexique à 63 ans, après toute une vie de difficultés incomprises, elle raconte comment ce diagnostic tardif a transformé sa relation avec sa petite-fille Emma, 9 ans, diagnostiquée dyslexique deux ans plus tôt.

63 ans et un premier diagnostic

Je n’ai jamais su que j’étais dyslexique. Dans les années 60 quand j’étais enfant on n’avait pas ces mots. On m’a dit que j’étais lente, que je manquais de concentration, que je ne faisais pas assez d’efforts. J’ai cru ces étiquettes pendant 60 ans. J’ai évité les situations d’écriture, j’ai développé des stratégies de contournement que personne autour de moi ne voyait et que je ne reconnaissais pas comme telles. Quand ma petite-fille Emma a été diagnostiquée dyslexique ma fille m’a expliqué ce qu’était la dyslexie. En l’écoutant je me revoyais enfant. J’ai pleuré. Ma fille m’a suggéré de consulter. Le bilan orthophonique à 63 ans a confirmé ma dyslexie. Cette confirmation a changé quelque chose de profond en moi.

Ce que le diagnostic a changé dans ma relation avec Emma

Avant mon diagnostic je comprenais intellectuellement les difficultés d’Emma mais je ne les ressentais pas vraiment. Après j’ai pu lui dire quelque chose de fondamental : moi aussi j’ai la dyslexie. Moi aussi j’ai eu du mal à apprendre à lire. Moi aussi j’avais honte à l’école. Ce partage d’expérience a créé entre nous un lien particulier et une confiance que je n’aurais pas pu construire autrement. Elle sait que sa grand-mère comprend vraiment, pas juste avec la tête mais avec le ventre.

Ce que j’apporte qu’un parent ne peut pas apporter

En tant que grand-mère dyslexique j’apporte à Emma quelque chose de différent de ce que ses parents lui apportent. Une perspective à 60 ans de distance sur ce que la dyslexie signifie sur le long terme. La preuve vivante que les difficultés scolaires ne définissent pas le destin. Et un espace où elle peut parler de sa dyslexie sans les enjeux émotionnels de la relation parents-enfants. Ces moments sont précieux pour elle et pour moi.

Son message aux grands-parents qui se reconnaissent

Si vous êtes grands-parents et que vous vous reconnaissez dans le récit des difficultés de votre petit-enfant DYS, un bilan à tout âge est possible et peut être libérateur. Et ce diagnostic peut être un cadeau inattendu pour votre petit-enfant. Pour des ressources sur les adultes DYS et le diagnostic tardif, aidtoi.fr propose des guides pratiques et un espace de soutien.

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