DYS et architecture scolaire : comment l’espace de la classe impacte les élèves DYS
L’architecture et l’aménagement de l’espace scolaire influencent directement les performances et le bien-être des élèves DYS. Pourtant cet aspect est rarement intégré dans les politiques d’inclusion scolaire. Voici ce que la recherche dit sur ce sujet méconnu.
L’acoustique : un enjeu majeur pour les élèves DYS
La qualité acoustique d’une salle de classe a un impact direct sur les performances des élèves DYS, notamment ceux présentant une dysphasie, une dyslexie ou un TDAH. Dans les salles de classe mal isolées le temps de réverbération élevé crée un environnement sonore où les consignes orales sont difficiles à discriminer, surtout pour les élèves qui présentent des difficultés de traitement phonologique. Des études ont montré que la réduction du temps de réverbération dans les classes, par l’ajout de matériaux absorbants, améliore significativement les performances en compréhension orale des élèves DYS. Des panneaux acoustiques au plafond, des rideaux épais et du mobilier mou réduisent le bruit et améliorent la clarté de la parole.
L’éclairage : souvent négligé mais important
L’éclairage de la classe influence le confort visuel des élèves DYS lors des tâches de lecture et d’écriture. Les éclairages fluorescents qui scintillent légèrement peuvent amplifier la fatigue visuelle chez les élèves qui ont déjà des difficultés de traitement visuel. La lumière naturelle directe sur les documents peut créer des reflets gênants. Et un éclairage insuffisant oblige à plisser les yeux, augmentant la fatigue. Des classes avec un bon éclairage naturel et un éclairage artificiel de qualité, idéalement LED sans scintillement, bénéficient à tous les élèves et particulièrement aux DYS.
L’organisation spatiale : créer des zones adaptées
La disposition des tables et des espaces dans la classe peut être adaptée pour bénéficier aux élèves DYS. Un placement préférentiel face au tableau et près de l’enseignant est le plus simple à mettre en place. Des espaces de travail calmes séparés de l’agitation générale peuvent être créés pour les élèves TDAH qui ont besoin de moins de stimulations. Et des zones avec des surfaces de travail inclinées peuvent être utiles pour les élèves dysgraphiques qui souffrent de douleurs lors de l’écriture horizontale.
Ce que les politiques scolaires pourraient changer
L’intégration des besoins des élèves DYS dans les cahiers des charges de construction et de rénovation des établissements scolaires est un chantier encore peu développé en France. Des pays comme le Danemark ou la Finlande intègrent ces considérations acoustiques et ergonomiques dès la conception des bâtiments scolaires. En France des associations de parents DYS plaident pour que ces dimensions soient intégrées dans les politiques éducatives. Pour des ressources sur l’inclusion scolaire et les droits des élèves DYS, professionnelsdys.fr propose des guides pratiques.