DYS et microbiome intestinal : une piste de recherche surprenante à surveiller
Le microbiome intestinal, cet écosystème de milliards de micro-organismes qui peuplent notre tube digestif, est au cœur de recherches passionnantes dans de nombreuses pathologies. Des études préliminaires explorent son lien possible avec les troubles neurodéveloppementaux dont le TDAH et la dyslexie. Voici l’état des connaissances sur cette piste encore émergente.
L’axe intestin-cerveau : une voie de communication bien documentée
Le lien entre l’intestin et le cerveau est une réalité scientifique bien établie. L’axe intestin-cerveau est un système de communication bidirectionnel complexe qui implique le nerf vague, des neurotransmetteurs produits par les bactéries intestinales et des signaux hormonaux. Le microbiome intestinal produit notamment une grande partie de la sérotonine de l’organisme et influence la production de dopamine, deux neurotransmetteurs directement impliqués dans le TDAH. Cette voie de communication entre les bactéries intestinales et le cerveau ouvre des questions légitimes sur le rôle possible du microbiome dans les troubles neurodéveloppementaux.
Les études préliminaires sur le TDAH et le microbiome
Plusieurs études préliminaires ont comparé le microbiome intestinal d’enfants TDAH et d’enfants sans trouble. Ces études montrent des différences dans la composition du microbiome des deux groupes, notamment une moindre diversité bactérienne et des proportions différentes de certaines espèces bactériennes. Ces différences sont intéressantes mais n’établissent pas de relation causale : on ne sait pas si les différences de microbiome contribuent au TDAH ou si c’est le TDAH, via les comportements alimentaires et les traitements médicamenteux, qui modifie le microbiome.
La piste dyslexie et microbiome : encore très préliminaire
Les recherches sur le lien entre microbiome et dyslexie sont encore très préliminaires et peu nombreuses. Quelques études suggèrent des différences dans la composition du microbiome des enfants dyslexiques mais les effectifs sont petits et les méthodologies variables. Il est beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions sur une relation causale. Cette piste mérite d’être suivie mais ne justifie pas actuellement de modifier son alimentation sur la base de ces données préliminaires.
Ce que cela signifie pour les familles maintenant
Ces recherches ne débouchent pas encore sur des recommandations pratiques validées. Ce qui est acquis en revanche c’est qu’une alimentation équilibrée et variée, riche en fibres et en aliments fermentés, est favorable à la diversité du microbiome intestinal et à la santé générale, y compris neurologique. Il n’est pas nécessaire d’attendre que la science soit définitive pour maintenir une alimentation saine. Pour rester informées des avancées de la recherche sur les troubles DYS, les familles peuvent consulter régulièrement professionnelsdys.fr qui publie des synthèses accessibles.