pexels-photo-11286163

Témoignage : comment j’ai découvert ma dyscalculie à 45 ans

Témoignage : comment j’ai découvert ma dyscalculie à 45 ans et ce que ça a changé

Patrick a 45 ans. Expert-comptable depuis 20 ans il a découvert sa dyscalculie lors d’un bilan réalisé pour comprendre les difficultés de sa fille. Un paradoxe apparent qui révèle la complexité des troubles DYS et la puissance des stratégies compensatoires.

L’expert-comptable qui n’aimait pas les chiffres

Je sais ce que vous pensez. Un expert-comptable dyscalculique c’est comme un pilote d’avion ayant le vertige. Et pourtant. Je n’ai jamais aimé les chiffres au sens du calcul brut. Les tables de multiplication me coûtent encore un effort conscient. Je ne peux pas calculer une addition à deux chiffres de tête sans me concentrer intensément. Mais j’ai toujours eu un sens aigu des structures financières, des relations entre les données et de la logique des bilans. Ce n’est pas la même chose. La dyscalculie touche le traitement automatisé des chiffres, pas la compréhension des systèmes financiers complexes.

La découverte par ma fille

C’est le diagnostic de dyscalculie de ma fille Chloé, 11 ans, qui a tout déclenché. En lisant le compte-rendu du bilan orthophonique je reconnaissais point par point des difficultés que j’avais moi-même vécues et que je vivais encore. Le bilan neuropsychologique que j’ai fait à 44 ans a confirmé une dyscalculie modérée avec des scores très bas sur les épreuves de calcul automatisé et de mémoire des faits arithmétiques. Et des scores très au-dessus de la moyenne sur les épreuves de raisonnement logique et de compréhension des relations numériques.

40 ans de compensations inconscientes

Le diagnostic a révélé 40 ans de compensations inconscientes que je n’avais jamais identifiées comme telles. J’utilise une calculatrice pour absolument tous les calculs, même élémentaires. Je vérifie systématiquement mes calculs plusieurs fois. J’ai développé des systèmes de vérification croisée des données chiffrées qui font partie de ma méthode de travail réputée rigoureuse. Et j’ai inconsciemment orienté ma spécialisation vers les analyses structurelles et les audits plutôt que vers le calcul pur.

Ce que le diagnostic a changé pour sa fille

Ce que ce diagnostic a changé le plus profondément c’est ma relation avec Chloé et son parcours. Je pouvais enfin lui dire avec une certitude absolue que sa dyscalculie n’était pas un obstacle à une carrière ambitieuse. Que la calculatrice ne la rendait pas moins capable. Et que les compensations qu’elle allait développer pourraient devenir des atouts professionnels. Pour des ressources complètes sur la dyscalculie et les parcours de vie, ladyscalculie.fr propose des témoignages et des guides pratiques.

Partagez l'article

Espace
pro