Dyslexie et musique : la pratique musicale aide-t-elle vraiment à progresser en lecture ?
Des études suggèrent que la pratique musicale améliore les compétences phonologiques qui sont à la base de la lecture. Pour les enfants dyslexiques cela pourrait constituer un complément thérapeutique précieux. Voici l’état des recherches.
Le lien neurologique entre musique et langage
La musique et le langage partagent de nombreux circuits neurologiques. Tous deux impliquent le traitement de séquences sonores organisées dans le temps. Tous deux requièrent des compétences de discrimination et de mémorisation des sons. Et tous deux mobilisent les régions temporales et frontales gauches qui sont précisément les zones dont le fonctionnement est différent dans la dyslexie. Cette convergence neurologique suggère que l’entraînement musical pourrait renforcer les circuits phonologiques déficitaires dans la dyslexie.
Ce que les études montrent
Plusieurs études ont évalué l’effet de programmes d’entraînement musical sur les compétences phonologiques et de lecture d’enfants dyslexiques. Les résultats sont globalement positifs. Des programmes d’entraînement rythmique, notamment le programme Rhythmic Reading Training développé par la chercheuse Nina Kraus à Northwestern University, montrent des améliorations significatives de la conscience phonologique et de la précision de lecture après 8 à 12 semaines d’entraînement régulier. L’hypothèse explicative est que l’entraînement rythmique renforce la précision du traitement temporel auditif, qui est l’une des composantes déficitaires dans la dyslexie phonologique.
Quel instrument et quelle pratique ?
Les instruments qui impliquent le plus de traitement rythmique explicite, comme la batterie, les percussions et le piano, semblent les plus bénéfiques d’après les études disponibles. Mais tout apprentissage musical régulier qui développe l’écoute fine et la discrimination des sons peut avoir un effet positif. L’important est la régularité de la pratique plutôt que l’intensité. 20 à 30 minutes de pratique quotidienne sont plus efficaces qu’une heure hebdomadaire pour renforcer les circuits neurologiques.
La musique comme complément, pas comme substitut
La pratique musicale peut être un complément précieux à la rééducation orthophonique mais elle ne la remplace pas. Elle offre l’avantage d’être une activité plaisante et valorisante qui travaille des compétences phonologiques sans l’anxiété de performance associée aux contextes scolaires. Pour des ressources sur les activités complémentaires à la rééducation DYS, lesdys.fr propose des guides pratiques.