Mika dyslexique : quand la musique compense les difficultés à lire les partitions
Oui, Mika est dyslexique. Le chanteur libanais-britannique, auteur des tubes Grace Kelly et Relax, Take It Easy, a évoqué sa dyslexie dans plusieurs interviews, décrivant notamment ses difficultés à lire les partitions musicales. Son parcours illustre de façon fascinante comment un musicien professionnel peut réussir au plus haut niveau malgré un trouble qui touche directement l’une des compétences centrales de la formation musicale classique.
Un enfant précoce avec des difficultés scolaires importantes
Mika est né en 1983 à Beyrouth et a grandi entre le Liban, Paris et Londres. Dans ses interviews, il décrit une scolarité marquée par des difficultés importantes de lecture qui le mettaient régulièrement en situation d’échec dans un contexte scolaire traditionnel. Ces difficultés coexistaient avec une oreille musicale exceptionnelle et une capacité à mémoriser des mélodies complexes après une seule écoute. Ce contraste entre les difficultés scolaires et les forces musicales est caractéristique de nombreux profils dyslexiques dont la mémoire auditive est souvent très développée.
La dyslexie et la lecture des partitions
La dyslexie peut affecter la lecture des partitions musicales de façon similaire à la lecture de texte. Les notes sur la portée constituent un système de symboles visuels qui doit être décodé et associé à des sons spécifiques, une compétence qui mobilise les mêmes processus cognitifs que la lecture textuelle. Pour Mika, lire une partition a toujours été plus difficile et plus lent que pour ses pairs musiciens sans dyslexie. Cette difficulté l’a contraint à développer une mémoire musicale auditive exceptionnelle comme compensation : apprendre les pièces par l’oreille et la répétition plutôt que par la lecture de la partition.
La compensation comme source de créativité
Cette contrainte compensatoire a eu un effet paradoxal sur sa créativité musicale. En ne pouvant pas s’appuyer sur la lecture de la partition comme d’autres musiciens, Mika a développé une relation à la musique plus intuitive et plus libre vis-à-vis des conventions notées. Sa façon de composer, essentiellement par voie auditive et intuitive plutôt que par écriture et lecture de partitions, a contribué à un style musical qui est difficile à catégoriser dans les genres existants.
Son message aux jeunes musiciens DYS
Mika s’est exprimé plusieurs fois en faveur d’une approche musicale plus inclusive pour les enfants qui ont du mal à lire les partitions. Sa conviction, tirée de son expérience personnelle, est que la lecture des partitions est une compétence utile mais pas indispensable pour faire de la musique au plus haut niveau. L’oreille musicale, la mémoire mélodique et harmonique, et la créativité peuvent compenser les difficultés de lecture dans de nombreux contextes musicaux. Pour des ressources sur la musique comme approche complémentaire pour les enfants DYS, lesdys.fr propose des guides pratiques.